• Liberté jeunesse : de la génération de la Résistance aux suivantes
Liberté jeunesse : de la génération de la Résistance aux suivantes

Liberté jeunesse : de la génération de la Résistance aux suivantes

Depuis dix ans, l'association Liberté-Mémoire, sous l'égide des Editions du Félin, et avec l'aide de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense, a publié vingt-cinq livres concernant la Résistance, classiques devenus introuvables, ou inédits. Ce recueil d'anniversaire s'ouvre sur des témoignages de lycéens et d'étudiants dont la manifestation sur les Champs-Elysées, le 11 novembre 1940, eut une importance symbolique décisive. D'une jeunesse aux autres, la transmission s'opère notamment par le Concours national de la Résistance, dont Denis Mazzucchetti retrace ici l'évolution, de même qu'est évoquée l'action essentielle de l'Association des études sur la Résistance intérieure fondée par Serge Ravanel. Mais, quel que soit l'effort de mémoire, combien d'oubliés, combien d'ignorés... Trois figures ont été retenues pour représenter les autres, celles de Raymond Fassin, adjoint de Jean Moulin, de François Vernet, poète de Fresnes et de Dachau, de la princesse Vera Obolensky, dont Gilles Perrault relate l'itinéraire tragique. Ce recueil ne dresse que le bilan d'une première étape. Car l'histoire de la Résistance va jusqu'au fond de l'avenir, et l'aventure de Liberté-Mémoire ne fait donc que commencer. Pierre SUDREAU Président de la Fondation de la Résistance Président de l'association Liberté-Mémoire Association Liberté-Mémoire CONSEIL : Raymond Aubrac, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Stéphane Hessel ambassadeur de France, François Jacob de l'Académie française, Serge Ravanel, Pierre Sudreau président, Germaine Tillion présidente d'honneur, Denise Vernay. Extrait du livre : «Nous avons reconnu dans les étudiants de 40 la vraie image de la France... La réalité de la France, c'était l'étudiant qui remontait les Champs-Elysées, au risque de se faire arrêter ou d'être tué», disait Geneviève Anthonioz-de Gaulle en 1996. On pense ici à André Malraux terminant son inoubliable éloge de Jean Moulin : «Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour... Ce jour-là, elle était le visage de la France...» Malraux qui, en 1940, répondait à ceux qui voulaient l'entraîner dans le combat : «Avez-vous des armes ?» - il avait connu l'écrasement de la République espagnole. Et cet homme du verbe avait une conception militaire de l'action (jusque dans sa vieillesse où il annonça son intention d'aller combattre dans un char au Bangladesh, déclaration qui eut le mérite d'appeler l'attention sur cette situation). André Malraux s'engagea tardivement, mais incontestablement, à tous risques, comme l'a raconté notre auteur Jacques R. E. Poirier dans La girafe a un long cou : parce que alors le combat était devenu effectivement militaire. Mais la Résistance, ce fut d'abord des mots, les mots lancés par le général de Gaulle le 18 juin. Et le 11 novembre, en fait d'armes, il n'y a que des cannes à pêche... Parce que, comme l'a dit Alban Vistel, la Résistance est d'abord un acte de foi, un fait moral, un mouvement spirituel. Napoléon lui-même a dit : «A la longue, le glaive est vaincu par l'esprit.» Alban Vistel encore l'a dit : les moyens de la puissance vinrent aux mains de ceux qui n'avaient eu pour commencer que leur propre force intérieure. On peut rappeler que la Résistance s'est organisée à partir de journaux. Les maquis commencèrent sans armes, ou presque. L'esprit précède les armes. L'esprit, ce sont ces deux cannes à pêche brandies sur les Champs-Elysées. Vladimir Jankélévitch a écrit dans son Traité des vertus : «Après coup, c'est la folle, l'absurde Résistance de 1940 qui s'est révélée en définitive réaliste et raisonnable, parce qu'elle voyait loin, haut et grand.» Voir la suite

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