• Kirilli et les Nymphéas
Kirilli et les Nymphéas

Kirilli et les Nymphéas

Les Nymphéas de Claude Monet, qui comptent parmi les oeuvres les plus saisissantes du XXe siècle, inspirent encore les a rtistes d'aujourd'hui, sensibles notamment au fait que les «grandes décorations» du musée de l'Orangerie préfigurent la notion contemporaine d' «environnement». Ainsi en est-il d'Alain Kirili (né en 1946), dont l'oeuvre sculpté s'est très tôt confronté aux Nymphéas. Invité par le musée à exposer dans ses murs, Kirili a créé pour l'occasion un nouveau de ses Commandements, en hommage à Claude Monet. Il l'accompagne de sculptures plus anciennes, ainsi que de nombreuses et spectaculaires oeuvres graphiques, qui constituent le versant le moins connu de sa création multiforme. Extrait du livre : PIERRE GEORGEL/ALAIN KIRILI : ENTRETIEN Pierre Georgel : L'Orangerie, dont l'identité tient à ses collections permanentes - allant grosso modo de l'impressionnisme aux années vingt- n'a pas vocation à accueillir des expositions d'art contemporain... sauf quand, précisément, les oeuvres présentées sont en rapport avec les collections et en illustrent le rayonnement. Pour sa première exposition depuis qu'il a rouvert au public, enfin repensé et redistribué, Orangerie, 1934 : les «peintres de ta réalité», le musée a symboliquement affiché ses liens avec l'art du passé et son histoire, dont il a longtemps été l'un des acteurs. De façon tout aussi symbolique, il affiche dans la seconde ses liens avec l'art d'aujourd'hui. «Il n'y a en art ni présent, ni passé», disait Picasso, tout grand art est éternellement d'actualité. Vous voici donc pour quelques mois l'hôte de ce musée où vous vous sentez chez vous depuis longtemps, et qui contribue à stimuler et à nourrir votre propre création. Si vous commenciez par décrire Commandement, et d'abord Grand Commandement blanc, la pièce disposée sur le flanc nord de l'Orangerie... Alain Kirili : Commandement est une série commencée en 1980 ; Grand Commandement blanc date de 1985. C'est une sculpture en fer peint. Dans mes premiers Commandements il y a des traces de forge, des découpes au chalumeau en fer traité pour que le métal ne rouille pas et reste noir, mais ce Commandement -là, je l'ai voulu blanc, pour respecter une certaine tradition de la sculpture blanche dans les Tuileries. Seule la toute dernière pièce de La série, qui est montrée pour la première fois dans cette exposition, est en béton. Cette version, je l'ai réalisée en pensant à votre invitation de dialogue avec les Nymphéas. Depuis Longtemps, mon amie Jocelyne Feliot m'avait mis en rapport avec d'importantes entreprises de béton telles que Calcia et La société Naullet Ce sont de grands spécialistes dans la recherche sur le béton. Par Monsieur Didier Gazeau, la société Naullet a mis à ma disposition tous les moyens propres à la création d'un nouveau groupe monumental qui fait subtilement écho à l'ensemble mural de Monet. J'ai apprécié les qualités chromatiques du béton coloré dans sa masse : la texture du béton garde son intégrité. Nous avons connu une période fiévreuse de recherche de plusieurs mois, avec de nombreux essais de coloration. À partir de moulages en béton, de cylindres et de plateaux, j'ai pu tenter différentes approches chromatiques. J'ai réalisé des surfaces monochromes et polychromes. Je me suis arrêté à un jeu de deux ou trois couleurs irrégu­lières ayant des effets de nuages ou de reflets. L'en­semble forme un alphabet chromatique qui rythme l'espace de façon décentrée et saccadée. Un univers poly-rythmique, un univers de pulsations, qui prolonge en trois dimensions, au XXIe siècle, celui que Monet a inauguré dans Les Nymphéas. Voir la suite

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