• Je suis mort, il y a vingt-cinq ans
Je suis mort, il y a vingt-cinq ans

Je suis mort, il y a vingt-cinq ans

Extrait Je suis mort il y a vingt-cinq ans. À vingt-cinq ans. D'une mort pas belle. D'abord tombé, le bec dans le sable, sur la plage de Coney Island. Désolé Mr Reed, même avec la meilleure volonté du monde, je n'aurais pas pu « jouer au football pour le coach » ce jour-là. Mal allongé, j'ai failli en rire. J'ai eu froid dans ce sable. Puis j'ai sangloté. La douleur partout, le corps en feu qui ronge. Gangrène de violence. Plaqué au sol sous un ciel d'ardoise. Bien bas pour le printemps. J'ai voulu voir du vert. Le jardin Saint-Roch, le chapeau de Napoléon, la mousse sous les blocs de falaise échoués dans les orties au bout du monde. Je me suis senti seul. LE LIVRE Coney Island - Le Havre - Paris. Cette chronique des derniers mois d'un jeune dandy de province condamné par une maladie mystérieuse est aussi l'histoire singulière de ces quelques années intenses où toute une génération de « jeunes gens modernes » basculait soudain de l'insouciance des seventies dans l'inexorable folie des années 80. Vif et tendu, avec un rien de mélancolie et beaucoup d'humour, cet instantané capture l'essence même d'une époque. Les filles portaient alors des t-shirts Alice Cooper, les garçons tombaient sous le charme de Mireille Perrier, Boy meets girl. Boys meet boys aussi. Tous avaient du mal à croire qu'on pouvait aimer et en mourir, le rock était la vie et chacun se rêvait plus ou moins chanteur pop. C'était il y a vingt-cinq ans. Comme de belles bulles rondes et lumineuses, ces premières années 80 sont saisies là dans leur fragilité, leur transparence pleine d'éclats bleutés juste avant qu'elles n'éclatent violemment, laissant des traces indélébiles sur le cuir de la banquette arrière d'un coupé Triumph. Car on y apprit aussi à déchiffrer quatre lettres funestes qui fracassèrent tant de rêveurs, comme le narrateur de cette chronique. En lui rendant sa voix, l'auteur - lui-même personnage de ce roman - lui rend ici un sobre et magnifique hommage : « Pas de larmes, ni d'apitoiement, pas de morale non plus. Juste le regard distancé d'un clown blanc au volant d'une TR4 » comme le souligne Kent dans sa préface. L'AUTEUR Musicien, journaliste et biographe, Jérôme Soligny est également compositeur, notamment pour Étienne Daho. Conseiller de la rédaction de Rock & Folk, spécialiste de David Bowie et des Beatles, il partage son temps entre Paris, Londres, New York et Le Havre, sa ville natale qui reste son point d'ancrage. Je suis mort il y a vingt-cinq ans est son premier roman. Voir la suite

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