• Le Maréchal Oudinot
Le Maréchal Oudinot

Le Maréchal Oudinot

«C'est le Bayard de l'armée», dit Napoléon en présentant Oudinot au tsar de Russie. Du chevalier sans peur et sans repro che, il a la bravoure et le mépris du danger : 32 blessures. Prodigieux meneur d'hommes comme Ney ou Murât, remarquable tacticien comme Lannes ou Suchet, ce soldat fameux de la Révolution participe à toutes les campagnes de l'Empire sauf l'Espagne. Ses exploits à Wagram lui valent son bâton de maréchal et son titre de duc de Reggio. Et, pourtant, le maréchal Oudinot n'avait pas eu la biographie qu'il méritait. Peut-être parce que, fidèle à la République, il appartint aux généraux hostiles à la marche de Bonaparte vers le pouvoir absolu ? Peut-être aussi parce que, après l'Empire, sa loyauté à l'égard des Bourbons en fit la cible d'une campagne de dénigrement des bonapartistes ? Son respect de la légitimité politique, son patriotisme, son sens du devoir militaire ainsi que ses qualités «civiles» laissent entrevoir derrière le sabreur «criblé de blessures» une personnalité plus riche et plus complexe, que cet ouvrage met pour la première fois en lumière. Loin de se réduire à la seule biographie de celui qui fut tour à tour et pleinement général républicain, maréchal d'Empire et pair de France, cette suite de courts tableaux vifs et richement documentés fait aussi renaître à travers le portrait attachant du «grenadier Oudinot» un siècle tumultueux de l'histoire de France. Agrégé d'histoire, ancien élève de l'ENA, haut fonctionnaire au ministère des Finances, Marc Oudinot s'intéresse de longue date à la période de la Révolution et de l'Empire. Il contribua au Dictionnaire Napoléon, publié sous la direction de Jean Tulard. Fils de l'actuel duc de Reggio, Philippe Maupas-Oudinot, l'auteur a utilisé des archives familiales inédites, permettant d'éclairer d'un jour nouveau la biographie de son ancêtre. Extrait du livre : Sous les bourrasques glaciales, sans manteau, en grand uniforme, le maréchal marcha dans la neige de 8 heures du matin jusqu'à 2 heures de l'après-midi au rythme du cortège, qui se dirigea d'abord vers l'Arc de Triomphe, symbole de la gloire impériale. Après s'y être arrêté un moment, il s'ébranla de nouveau pour descendre l'avenue des Champs-Elysées jusqu'à la place de la Concorde entre deux haies de soldats et se diriger enfin vers l'hôtel des Invalides, où il arriva à 2 heures. «Tout à coup, rapporte Victor Hugo dans Choses vues, le canon éclate à la fois à trois points différents de l'horizon. Ce triple bruit simultané enferme l'oreille dans une sorte de triangle formidable et superbe. Des tambours éloignés battent aux champs. Le char de l'Empereur apparaît. Le soleil, voilé jusqu'à ce moment, reparaît en même temps. L'effet est prodigieux.» La foule, où l'on pouvait voir de vieux soldats portant leur uniforme de l'Empire, se pressait en une masse compacte tout au long du cortège, témoignant d'un enthousiasme frénétique. Plus de 100 000 Parisiens regardaient passer un mythe. Oublié, l' «Ogre» qui puisait sans répit dans un peuple de près de 29 millions d'âmes. Oublié, le million de combattants tombés sur les champs de bataille, décédés des suites de leurs blessures ou disparus, venus s'ajouter aux 400 000 morts des guerres de la Révolution". Oublié, le carnage qui se faisait plus meurtrier à chaque bataille : 6 000 hommes tombèrent à Marengo, 8 000 à Austerlitz, 10 000 à Eylau, 15 000 à Essling, 30 000 à Wagram. De la campagne de Russie, qui avait mobilisé plus de 600 000 hommes, dont 500 000 franchirent le Niémen pour se rendre à Moscou, 100 000 revinrent, 100 000 restèrent prisonniers et 300 000 furent victimes de la mitraille, de la misère et du froid. Extrait du prologue Voir la suite

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