• Le chagrin des pauvres
Le chagrin des pauvres

Le chagrin des pauvres

Trois récits de l'Islam chinois. Trois vies de paysans Hui (Chinois islamisés) dans la province du Ningxia, où la terre est aride pour ceux qui y vivent. Le travail, toujours, le mariage, que la tradition impose et la mort au bout du chemin, trois existences qui s'écoulent lentement, sans attente ni promesse, sans amertume ni espérance. Rien de plus qu'un long murmure à l'écho de leur chagrin. Et les femmes, qui ont le temps pour elles, se remémorent, à longueur de rivière, à fleur de cimetière, l'infinie douleur de vivre. Shi Shuqing et Li Jinxiang, tous deux la trentaine passée, sont de jeunes écrivains originaires de la province du Ningxia, qu'ils n'ont jamais quittée. Ils sont l'un et l'autre auteurs d'un grand nombre de nouvelles se situant pour la plupart dans cette région. Début du livre : ««Prends la palanche, ma fille, descends à la rivière et rapporte-nous deux seaux de bonne eau fraîche, rince tes seaux, rince-les bien, c'est l'a, nos défunts vont nous rendre visite !» Disant cela, la Belle-mère a le visage en plein soleil et, les yeux mi-clos, entrouverts, elle surveille sa chèvre blanche, dont les yeux, comme les siens, sont entrouverts, mi-clos. La barbiche de la bête, qui tremblote au gré de la rumina-don, lui donne un faux air de penseur, on lui donne l'âge de la sagesse, elle fait vieux, sans être une vieille bique. Comme elle, la Belle-mère paraît bien plus chargée d'années qu'elle ne l'est vraiment, et la voix qu'elle a pour prononcer ces mots est d'une vieille entre les vieilles. Aux mots de sa belle-mère, Aïcha soudain s'affole: qui donc sont ces défunts que l'autre vient d'évoquer ? Tout ce qu'elle sait, c'est que trois hommes de la famille, l'un après l'autre, sont partis et ne sont pas revenus : son beau-père, l'aîné de ses beaux-frères, et, surtout, Moussah, son homme à elle...» Voir la suite

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