• Seul après l'Elysée
Seul après l'Elysée

Seul après l'Elysée

Seul après l'Elysée est un roman. C'est le journal imaginaire de Jacques Chirac entre juin 2007 et janvier 2008. Après l a palpitation et le tumulte de douze années passées à la tête de l'État, l'ancien président découvre une nouvelle vie. Il voyage, observe, note, se souvient. Passent les figures du général de Gaulle, de Georges Pompidou, de Valéry Giscard d'Estaing, de François Mitterrand, de Nicolas Sarkozy et de bien d'autres. Un nouveau régime se met en place, désireux de rompre avec ce qui l'a pré­cédé. Au soir de son parcours politique, avec sincérité et lucidité, l'ancien président, soudain libéré, croque, conseille, se risque à quelques aveux, fait entendre le son d'une voix qu'on ne lui connaissait pas. Seul après l'Elysée est le roman du pouvoir et de l'intimité de l'État. Observateur attentif du monde politique, Guillaume Leuwen vit à Paris. Extrait du livre : On m'a prêté un appartement spacieux et sans âme sur le quai Voltaire, à quelques pas de la maison où Montherlant s'est donné la mort le jour de l'équinoxe de septembre en 1972. On devait trouver que mon domicile secret, caché au coeur du vieux Paris, et où dorment mes archives, était trop enclavé, trop exposé, et que ma sécurité n'y serait pas garantie. Pas de cour, en effet, où garer ma lourde voiture blindée, une rue étroite et les fenêtres des appartements voisins qui plongent chez moi, dans le capharnaüm de mes livres et de mes tout premiers objets sauvages. J'ai avec Malraux ce point en commun que j'ai toujours vécu chez les autres : mes différents ministères, l'hôtel Matignon, l'Hôtel de Ville pen­dant dix-sept ans, le palais de l'Elysée enfin jusqu'en mai dernier. J'ai follement aimé l'Hôtel de Ville, l'immense appartement au-dessus de la Seine, les couloirs secrets, les échappées qui me permettaient de m'évader, de disparaître. A l'Elysée, j'étais enfermé, coincé entre la chambre de Mitterrand dessinée par Wilmotte et que j'avais gardée en l'état, mon bureau dans le Salon doré - celui du Général et de Georges Pompidou -, et la salle voisine, avec ses jolis lambris verts où jadis j'avais vu les aides de camp du général de Gaulle tenir la garde. Oui, enfermé. Je le suis plus encore aujourd'hui. Voir la suite

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