• Déboire
Déboire

Déboire

Augusten, autodidacte ambitieux et la vingtaine bien tapée, se trouve propulsé comme créatif dans l'univers impitoyable de la publicité à New York. Seulement voilà, toujours hanté par les démons de son passé, le jeune homme voue un amour immodéré à l'alcool sous tous ses dérivés. Une tare qui l'expulse illico de sa boîte de Pandore pour le catapulter dans un centre de désintoxication aussi gay qu'invraisemblable et tout bonnement décalé... Avec son style incomparable, un humour et une détresse touchants, Augusten Burroughs nous surprend une fois encore en nous offrant une nouvelle tranche de sa drôle de vie et une belle leçon de fraternité. «Augusten Burroughs est un surdoué des lettres.» Elle Extrait du livre : Ces putains d'oeufs J'arrive au Metropolitan Muséum of Art à neuf heu­res moins le quart. Avec quinze minutes d'avance. Je porte un costume Armani gris anthracite et des mocas­sins Gucci sang-de-boeuf. J'ai comme un battement sourd dans le crâne, derrière les yeux, mais c'est devenu habituel. Ça s'atténue en fin de journée et dis­paraît complètement avec le premier verre de la soirée. Techniquement parlant, la nuit dernière, je n'ai pas dormi : j'ai fait la sieste. Même dans mon état d'ébriété avancé, j'ai compris que je ne pouvais pas me pointer au Met complètement défait, alors j'ai réussi à appeler le réveil téléphonique (Si tu roupilles, t'es foutu !) avant de m'allonger sur le lit, tout habillé. À six heures, j'étais réveillé, et je me sentais encore ivre. Je me racontais des blagues dans la salle de bains, en faisant des grimaces. C'est là que j'ai compris que j'étais toujours pété. J'avais bien trop d'énergie pour six heures du matin. Et beaucoup trop de motivation. On aurait dit que l'hémisphère alcoolisé de mon cerveau déployait des trésors de pitreries pour que son homologue professionnel ne s'aperçoive pas qu'il était l'otage d'un ivrogne. Je me suis douché, rasé, et j'ai lissé mes cheveux en arrière avec du gel Bumble & Bumble Hair Grooming. Un petit coup de séchoir par-dessus, puis je me suis coiffé de façon à donner à mes cheveux un aspect naturel et sans apprêt. Une mèche rebelle dégringolait sur mon front ; je l'ai fixée avec de l'AquaNet. Pour avoir assisté à d'innombrables séances de photo de mode, j'ai appris que la meilleure laque, c'est l'archi-ringarde AquaNet. Au final, ça donnait une coiffure décontractée, comme ébouriffée par le vent - à condi­tion de ne pas y toucher. Dans ce cas, c'aurait certai­nement produit un son dur, comme du bois. Je me suis aspergé de Donna Karan for Men dans le cou et sur la langue, pour masquer tout effluve d'alcool. Puis j'ai marché jusqu'au restaurant ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, à l'angle de la Dix-Septième Rue et de la Troisième Avenue, pour prendre un petit déjeuner - des oeufs brouillés, du bacon et du café. La graisse, me suis-je dit, absorberait les toxines. Et, par mesure de sécurité supplémentaire, en plus de ma cravate criarde qui distrayait l'attention, j'ai avalé une poignée de Breath Assure. Voir la suite

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  • 10\18

  • Littérature étrangère, numéro 4022

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