• Le fut de tendresse perce de fleches
Le fut de tendresse perce de fleches

Le fut de tendresse perce de fleches

Les portes sont des seuils cruciaux, occasionnant un changement d'état plus ou moins profond. La vertu de l'hospitalité est, ainsi, la joie d'offrir une intensification d'être, un nid douillet pour le cour errant ou affamé. Un proverbe polonais affirme joliment : « Gosc w dom » (« Un invité dans la maison, Dieu dans la maison »), pendant qu'au-dessus de l'entrée de la maison familiale siégeaient discrètement ces mots : « Si l'on ne meurt jamais d'un excès de tendresse, en revanche, l'on peut mourir d'en manquer ». Les petites morts traversées au gré des jours délétères n'auraient-elles pas quelque secret à nous livrer ? Tout dépend du regard que l'on porte sur les contingences qui fouettent et qui comblent, aussi : est-ce un voile qui camoufle ce qui ne demande qu'à se révéler, ou une lumière insoupçonnable qui transforme tout ce qu'elle touche ? C'est, alors, une « comptine de l'au-delà » qui se profile à l'horizon de l'âme, et dont le dessin épouse progressivement le dessein, comme à réconcilier ciel et terre. Et, dans le creuset des mots laborieux et chaotiques, mais toujours ancrés dans la sincérité et l'authenticité, ce sont de menues étoiles de tendresse qui jaillissent, tels des éclats innocents de la pierre à dégrossir sans faillir. Seule la tendresse transfigure l'être. Voir la suite

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