• Rescapés du Bounty
Rescapés du Bounty

Rescapés du Bounty

Journal de bord Août 1787, le gouvernement anglais nomme William Bligh commandant du navire Bounty de 215 tonneaux, port ant 4 canons de 6, 4 pierriers et ayant 45 hommes à bord. Parti pour l'océan Pacifique (Mer du Sud), il séjourne 6 mois à Tahiti afin de récolter et ramener aux colonies anglaises des Caraïbes (Indes Occidentales), l'arbre à pain, et autres fruits utiles. 24 jours après son départ de Tahiti, le 28 avril 1789, une partie de l'équipage se révolte contre le capitaine à Bligh. Ce complot mûri tramé dans le plus grand secret amène l'embarquement de force, dans une chaloupe de 7 mètres, de 18 hommes et du capitaine. Ils sont abandonnés au milieu de l'océan Pacifique, sans carte ni boussole et avec à peine une semaine de vivres. Les mutins repartent pour l'île enchanteresse de Tahiti... William Bligh raconte le périple de 48 jours que durera la navigation jusqu'à la terre du Timor. Tous auront survécus. Cet ouvrage a été publié en 1790 et traduit aussitôt en français. «...Mais de toutes les peines que nous avions à endurer, celle d'être toujours mouillés, était une des plus cruelles ; les nuits étant très froides, le matin tous nos membres se trouvèrent engourdis et nous avions peine à nous remuer ; alors je servis une cuillerée à café de rhum à chaque homme, ce qui nous fut très salutaire...» Extrait du livre : Un moment avant le lever du soleil, M. Christian avec le capi­taine d'armes, le second canonnier et le nommé Thomas Burket matelot, entrèrent dans ma chambre pendant que je dormais encore : ils me saisirent, me garrottèrent les mains derrière le dos, me menaçant de me tuer à l'instant si je parlais ou si je faisais le moindre bruit. Leurs menaces ne m'empêchèrent pas de crier de toute ma force pour avertir tout l'équipage ; mais les rebelles s'étaient déjà emparés des officiers qui n'étaient pas de leur complot et avaient placé des sentinelles à leurs portes. Outre les quatre qui étaient entrés dans ma chambre, il y avait trois hommes à ma porte. Christian n'avait qu'un sabre à la main ; les autres étaient armés de fusils avec leurs baïonnettes. Ils m'arrachèrent de mon lit, me traînèrent en chemise sur le gaillard, me faisant beaucoup souffrir pour m'avoir attaché les mains de noeuds très serrés. Je leur demandai la raison de cette violence : mais pour toute réponse ils me menacèrent de me tuer à l'instant si je ne me taisais pas. M. Elphinston, premier lieutenant (Master's Mate) était prisonnier dans sa chambre ainsi que M. Nelson Botaniste, M. Peckover maître canonnier, M. Ledward chirurgien, et le maître : il en était de même de M. Samuel le secrétaire, mais ce dernier obtint bientôt après la permission de monter. L'écoutille de l'avant était gardée par des sentinelles : le maître d'équipage et le maître charpentier, eurent cependant la liberté d'en sortir pour monter sur le gaillard d'avant, d'où ils me virent en arrière du mât d'artimon, avec les mains liées derrière le dos, gardé par des sentinelles qui avaient Christian à leur tête. Alors ils ordonnèrent au maître d'équipage de mettre la chaloupe à la mer, le menaçant de le maltraiter s'il n'exécutait pas cet ordre sans le moindre délai. Voir la suite

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  • Marine