• Si tu meurs à Milltown
Si tu meurs à Milltown

Si tu meurs à Milltown

Avec un seul roman traduit en français, La Mort et la Belle Vie, Richard Hugo est devenu un écrivain mythique. Longtemps professeur à l'université du Montana, il eut pour élèves ou amis James Crumley, Jim Harrison, James Welch et Raymond Carver. Résolument à contre-courant de VAmerican Way of Life, porte-voix d'un Ouest malade de son passé, imprégné des poètes anglais et américains, celui qui invitait ses élèves «à écrire hors sujet» s'est forgé un univers singulier. Si tu meurs à Milltown rassemble des textes inédits : The Saltese Falcon, son ultime roman inachevé où l'on retrouve le célèbre shérif adjoint Al Barnes de La Mort et la Belle Vie, ses plus beaux poèmes ainsi que des essais critiques. Voici enfin l'occasion pour les lecteurs français de découvrir toute la dimension d'une grande voix de la littérature américaine. Richard Hugo est né en 1923 aux États-Unis. Maître en écriture de James Crumley, William Kittredje et James Welch, celui qui est aujourd'hui reconnu comme l'un des grands poètes américains contemporains, a longtemps enseigné à l'université du Montana, à Missoula. Il est l'auteur d'un roman intitulé La Mort et la belle vie, ainsi que de sa suite inachevée, The Saltese Falcon, publiée dans Si tu meurs à Milltown. Richard Hugo est mort en 1982. "Grands détectives" dirigé par Jean-Claude Zylberstein Extrait du livre : L'auto de Grand-père En 1929, Grand-père acheta sa première voiture, une Ford A flambant neuve. Il allait avoir soixante ans au mois d'août, et moi six en décembre. Grand-père fit construire un garage devant la maison, légèrement excentré par rapport à la façade. Un ou deux mètres tout au plus séparaient le bout du garage de la maison. Un cerisier dominait le garage et, l'été, les branches chargées de fruits côté sud s'étalaient sur son toit. Grand-mère faisait pousser des oeillets entre maison et passage et, derrière le garage, mes grands-parents avaient planté des haricots à écosser et des pois de senteur. Sur le côté du garage, on trouvait un superbe parterre de pensées et de myosotis toujours au frais ; à l'ombre du garage le matin et de la maison l'après-midi. Ce garage m'était interdit. Grand-père gardait tout le temps la clé sur lui pour ouvrir, soit la porte de côté pour siffler en douce un coup de la bouteille de whiskey cachée dans la grosse boîte à clous, soit la porte principale pour sortir l'auto. Il ne manquait jamais de refermer soigneusement derrière lui, même s'il revenait quelques minutes après et qu'il lui fallait descendre de voiture pour déverrouiller la porte à son retour. Grand-père rangeait aussi son matériel de pêche dans le garage. Lors d'une psychanalyse des années plus tard, je racontai à mon analyste cette histoire de whiskey dans le garage. Il suggéra que mon grand-père était un gros buveur autrefois et que son penchant pour la bouteille avait causé de terribles disputes entre ma grand-mère et lui. Je répondis fermement qu'il se trompait. J'avais vécu avec mes grands-parents depuis l'âge d'un an et demi et je n'avais jamais vu mon grand-père saoul, ni été témoin d'une quelconque algarade. «Ça remonte avant votre naissance», me rétorqua le psy. Quelques jours plus tard, un rêve me fit clairement et soudainement prendre conscience qu'il avait raison. Voir la suite

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  • 10\18

  • Littérature étrangère, numéro 4081

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