• El lobo
El lobo

El lobo

Ancien pilote de guerre en Irak, Roy Kruger a un grand défaut : il s'ennuie vite. C'est à Buenos Aires, en Argentine, qu 'il décide de s'installer et d'ouvrir un restaurant de fruits de mer. Une façon comme une autre de continuer à exercer sa passion du pilotage, puisqu'il va lui-même se fournir dans l'Atlantique, de l'autre côté de la Cordillère... Un jour, Roy accepte d'emmener un aventurier dans son hydravion. Sans le savoir, il vient de tomber dans un piège redoutable, car ce Juan Piedra, une tête brûlée plus connue sous le surnom d'«El Lobo», est un pilleur de tombes d'un genre particulier. Ancien tortionnaire sous la dictature argentine, il se propose de profaner le mausolée d'Eva Perón, qui recèlerait rien moins qu'un fabuleux trésor nazi... El Lobo n'ignore qu'une chose : son pilote est certes un as de l'aviation, mais aussi un ex-agent des services spéciaux américains, bien décidé à ne pas le laisser faire... Dans une Argentine en proie à la crise économique, où rôdent les fantômes du nazisme et de la dictature militaire, un duel sans merci se prépare... Né à Paris en 1945, ancien correspondant de l'Agence France Presse à Buenos Aires, Jacques Kaufmann est l'un des rares journalistes à avoir interviewé des membres des services spéciaux argentins en activité. Pilote émérite, auteur d'enquêtes (L'Internationale terroriste, Presses de la Cité, 1977) et de thrillers aéronautiques (Otages des Andes, Altipresse, 2006), il s'inspire d'univers qu'il connaît bien : le ciel, les salles de rédaction et les services secrets. Depuis son départ de l'AFP, il partage son temps entre Paris et le Chili. Extrait du livre : Il était nu, une serviette serrée sur la taille, recroquevillé comme un animal peureux. Les coups de fouet résonnaient encore dans ses oreilles. Le vieil homme cacha son visage dans ses bras décharnés, puis ferma les yeux et colla son dos contre le mur, comme pour disparaître dans la pierre par la seule force de sa pensée. Une image de la Vierge accrochée au plâtre pendait de guingois au-dessus de selles de cheval et la pièce puait l'odeur du bétail et la sueur des vachers. Un rouquin avait marqué son dos de longues stries ensanglantées, pendant qu'une radio hurlait une mélodie d'amour, des rythmes chaloupés d'accordéon nasillard : Je veux que tu saches que c'est moi qui t'aime... Puis un autre homme, le chef, avait poussé la porte. Luis Ortega avait une calvitie naissante, un visage rond, des joues proéminentes, une peau blanche marquée d'urticaire au niveau du cou et un début d'embonpoint. Un homme presque ordinaire, en complet veston bleu marine. Ses yeux enfoncés sous des sourcils broussailleux lui donnaient l'air d'un animal. Le supplicié avait l'arcade sourcilière ouverte et des plaies sanguinolentes aux mollets. Ortega l'observa quelques secondes puis se pencha à l'oreille du rouquin, qui hocha la tête. Il fallait que le vieil homme parle : ses mains calleuses avaient caché, il y a bien longtemps, dans un cimetière de Buenos Aires, des sacoches de cuir fauve dans le mur d'un édifice. C'était en fin de nuit, dans l'aube froide et brumeuse de l'hiver austral. Et il avait juré, prêté serment sur la Madone aux hommes qui l'avaient accompagné qu'il ne révélerait jamais ce qu'il avait fait. Voir la suite

  • 2841879461

  • Archipel Eds De L'