• Les tribulations d'un brave avocat
Les tribulations d'un brave avocat

Les tribulations d'un brave avocat

On lit Balzac, la Comédie Humaine, on lit Stendhal, on n'oublie pas Dickens, et on revit cela, à la fin du XXe siècle. E n «Province» ou de l'autre côté de l'Atlantique les faits ne résistent pas au théâtre des tribunaux, en coulisse ; ainsi l'auteur est-il à la fois témoin de ses propres interventions et juge bien intentionné de ses contemporains de tout âge. Des arrêts contradictoires, un arbitrage bizarre, un client accablé tout cela nous emmène dans un monde où l'esprit l'emporte finalement avec humour. Des textes brillants qui montrent une face surprenante de la Justice. Extrait du livre : Si j'écris cette chronique et les textes qui la suivent, c'est aussi pour commenter mes états d'âme, nombreux, dans le métier que j'exerce, et dont curieusement avant moi personne n'a fait état. Mais est-ce bien moi qui parle et non un autre moi, qui n'est pas mon moi social, et que je découvre au fur et à mesure que j'écris. N'ai-je pas moi aussi fait fi de l'exactitude des faits, à la recherche d'autres qualités. L'avocat est aussi démuni devant la Justice que n'importe quel simple mortel : contrairement à une croyance inégalement partagée, il est vrai, il ne possède aucun pouvoir thaumaturgique, brave avocat ou ténor du barreau. Tout ce qu'il peut espérer c'est que s'il joue selon les règles de l'art, on lui donne raison. Mais cela précisément n'est guère certain. C'est pourquoi tout avocat qui s'imagine avoir convaincu un juge pêche par présomption. Tout au plus a-t-il convaincu quelqu'un qu'il était possible de convaincre, sinon déjà convaincu. Cela dit, il existe de bons et de mauvais avocats, les bons permettent au juge de se faire une opinion en présentant des dossiers bien ficelés, les mauvais empêchent par leur absence de professionnalisme à ce processus d'arriver à bonne fin. Mais il reste une zone d'ombre («...parce que chaque juge a son principe, bon ou mauvais, suivant lequel il se décide») qui est le propre de la profession, le désespoir de l'avocat rationaliste et le tombeau des théoriciens, professeurs d'université qui enseignent à leurs étudiants qu'une solution est juste ou fausse, et qu'ils ratent leur examen si elle est fausse. Il existe peut-être des avocats doués d'un sixième sens et qui devinent dans leur cause l'argument qui l'emporte, telle une torpille qui ne peut être évitée lorsqu'elle a pris son envol, car elle frappe où elle devait frapper, sans que l'on sût à l'avance ni où, ni comment. Extrait du préambule Voir la suite

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