• Le sida et ses métaphores
Le sida et ses métaphores

Le sida et ses métaphores

Le Sida, à l’inverse du cancer, renoue avec la sombre tradition enfouie de l’épidémie, à laquelle le monde moderne croya it avoir échappé depuis l’épidémie de grippe espagnole du début du XXe siècle. Le Sida réactive le fantasme de la peste, divise de nouveau le monde entre « eux » et « nous », encourage les exclusions, ségrégations, racismes divers. Certains en font le châtiment infligé par Dieu aux groupes « déviants », pour les néo-conservateurs l’apocalypse rôde. Susan Sontag explore les métaphores liées au Sida et dénonce le catastrophisme justifiant un contrôle accru de l’Etat. Cet essai brillant, d’une grande intelligence, aussi simple qu’incisif, explore toutes les rhétoriques qui se sont greffées sur cette maladie. Susan Sontag est sans doute l’écrivain américain le plus « européen ». Née en 1933 à New York, Susan Sontag est décédée le 28 décembre 2004. A l’âge de trente ans, elle publie son premier roman, Le Bienfaiteur (Le Seuil, 1965), une étude sur la formation de la personnalité. Dans les années 60, elle écrit pour différents magazines et revues. Très engagée à gauche, figure de la scène new-yorkaise, elle est proche d’intellectuels français comme Roland Barthes, auquel elle a consacré un livre (L’écriture même : à propos de Roland Barthes Christian Bourgois). Proche amie de la photographe Annie Leibovitz, elle publie en 1977 un essai, Sur la photographie où elle s’interroge sur la différence entre réalité et expérience. Elle défend le concept de « transparence », autrement dit de l’évidence de l’œuvre, avant toute interprétation. Côté romans, elle publie notamment L’Amant du volcan (1992) et En Amérique (1999) pour lequel elle a reçu le National Book Award. Elle a reçu le P Jérusalem pour l’ensemble de son œuvre. En 2003, elle a publié Devant la douleur des autres et reçu le prix de la Paix des libraires à Francfort. Voir la suite

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