• La République et le Cochon
La République et le Cochon

La République et le Cochon

Le cochon comme symbole d'une identité nationale menacée par l'immigration a surgi subitement dans les discours politiqu es. Nourriture halal et casher se trouvent montrées du doigt comme « anachroniques ». Pierre Birnbaum revient aux origines de la question de la table partagée dans la République. Peut-on préserver une part de ses traditions et être un bon patriote ? Ce débat aujourd'hui oublié a été récurrent de l'époque de Lumières jusqu'à la fin du XIXe siècle. Voltaire mais aussi Mendelssohn, Mirabeau, l'abbé Grégoire et Clermont-Tonnerre, l'un des rares libéraux en la matière, y ont pris position. Au temps de la Révolution, alors que l'émancipation des Juifs est débattue, nombreux sont ceux qui leur refusent la citoyenneté en invoquant le cochon. Une fois émancipés, ils sont sommés d'abandonner des comportements archaïques. Auront-ils le choix ? Comme le souligne Pierre Birnbaum à partir d'archives inédites, le cochon trône sur les tables de la fête révolutionnaire comme sur celles des banquets républicains. En France, plus qu'ailleurs, la nourriture tient une place importante dans l'espace public. La polémique rebondit dans les dernières décennies du XIXe siècle au sein du monde juif en voie d'assimilation. A la même époque, l'antisémitisme commence à viser l'abattage rituel. Celui-ci est interdit en Suisse, avant que la mesure ne triomphe dans l'Allemagne nazie puis la France de Vichy. Comment concilier l'universalisme républicain et le pluralisme culturel ? C'est tout l'enjeu de ce bref et stimulant essai. Pierre Birnbaum est historien et sociologue. Professeur émérite de sociologie politique à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, il a récemment publié Les Deux Maisons. Les Juifs, l'État et les deux Républiques, Gallimard (2012). Voir la suite

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  • Histoire H.C.

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