• Le grand jeu
Le grand jeu

Le grand jeu

En 1928 paraissait le premier numéro d'une revue, Le Grand Jeu, qui groupait les noms de Roger Gilbert-Lecomte, René Dau mal, André Rolland de Renéville, du peintre Joseph Sima, et de quelques autres collaborateurs secondaires. Mais l'apparition de la revue n'était que l'aboutissement d'une extraordinaire aventure qui avait commencé en 1922, avec Lecomte et Daumal, alors qu'ils étaient élèves de troisième au lycée de Reims. Cette aventure d'ordre poétique, philosophique et humaine est unique dans la littérature. En fait, rien de ce que ces enfants de Rimbaud ont tenté sous le nom de «métaphysique expérimentale» n'a, depuis, été dépassé. Il aura fallu plusieurs décennies avant que le Grand Jeu relègue André Breton «dans les manuels d'histoire littéraire», et commence à figurer dans «l'histoire des cataclysmes». Aujourd'hui, il impose la question de la Voyance poétique comme seule capable de donner une nouvelle dimension à toute la littérature contemporaine. L'auteur : écrivain, philosophe, cinéaste, photographe, conférencier international, Michel Random est l'auteur d'une vingtaine de livres et de vingt-cinq heures de films pour la télévision française. Il a été le rapporteur des colloques «Science et Culture» organisés par l'UNESCO et l'ONU dont les thèmes ont marqué la pensée de notre temps : Sciences et Traditions (Venise 1986), La survie de la planète (Vancouver 1989), la mutation du futur (Tokyo 1995). Transdisciplinaire avant la lettre, il a milité sa vie durant pour affirmer ces «valeurs de l'essentiel» que revendiquait la génération du Grand Jeu. Extrait du livre : Extrait de l'avant-propos de Cyril Loriot l'éditeur : Porteurs transportés par les exhortations prophétiques de la fameuse "lettre du Voyant" de Rimbaud, les deux fondateurs en herbe du futur Grand Jeu avaient donc tendu, dès leur quatorzième année, toutes les facultés de leur esprit à l'extrême, suivant "l'asymptote des impossibilités humaines" ; et, perforant une à une les parois frontalières du visible et de l'invisible, leurs yeux stupéfaits s'étaient élancés, d'abord au trop, puis bientôt galop, des bords du précipice humain jusqu'à faire la mort trembler quelque peu l'assise de sa sainteté... La mort, oui, vous, ne sachant pas, qui ouvrez peut-être ce livre pour la première fois, rien moins que la mort et son possible dépassement expérimental, et non quelque carrière littéraire, ce défi importait seul à ces jeunes cambrioleurs intrépides du château de la naissance ! "Nier tout et ne plus concevoir que l'abîme" : jusqu'où auront-ils été ? Défenestrés de seuil en seuil dans l'ampleur du "scandale d'être", dans les infinités stellaires des "au-dessus" du crâne comme des "en deçà" de la caverne du coeur et de la vie : combien d'éblouissements ont donc jailli au dedans d'eux de tous les centres anatomiques de la Voyance ? Combien de transparences inondant les portes fragiles de l'espace-temps des limites de leur peau ? Combien d'images reçues au sacrifice de leur vie qui n'étaient pas des images, mais des "influx de vigueur et de tendresse réelle" dans cette langue étrangère aux mille victoires que Rimbaud avait devinée celle "de l'âme pour l'âme" ?... Voir la suite

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