• Gandhi. Politique de la non-violence
Gandhi. Politique de la non-violence

Gandhi. Politique de la non-violence

Politique de la non-violence entend introduire de manière synthétique mais problématisée aux idées éthiques et politique s de Gandhi. L'attention du public s'est longtemps focalisée sur son action en tant que leader de la décolonisation indienne et sur sa pensée religieuse. Ce livre vient ainsi combler un manque en remettant la non-violence au centre d'une réflexion sur la politique. La politique de Gandhi est aux prises incessantes avec la question de la violence. L'engagement politique se situe dans un équilibre instable entre violence et conflit : comment s'opposer sans se massacrer ? Comment assumer le conflit politique, porteur d'un monde plus juste et plus humain, sans pour autant céder à l'usage de la violence ? Comment aborder autrui comme un adversaire à convaincre ou à contraindre mais jamais comme un ennemi à éliminer ? Où trouver la force de lutter sans armes face à un adversaire qui en dispose et n'hésitera pas, s'il le faut, à s'en servir ? En outre, si la politique est guidée par la quête de vérité, comment éviter d'opprimer en son nom ? Si elle n'implique pas par elle-même un refus radical de la violence, la vérité risque fort d'entraîner ses défenseurs vers des actes d'une grande atrocité. La confrontation entre Gandhi (pour qui « la fin est dans les moyens comme l'arbre dans la graine ») et Machiavel (auquel est couramment attribué la maxime selon laquelle « la fin justifie les moyens ») éclairera à nouveau frais la nature des liens entre éthique et politique. La suite de l'ouvrage est plus spécifiquement consacrée au problème de la désobéissance civile. Dans un régime manifestement non démocratique, où les droits de l'homme et les libertés individuelles sont systématiquement bafoués, il semble admis que la désobéissance est sinon nécessaire, du moins légitime. La question s'avère autrement plus difficile quand elle concerne la légitimité de la désobéissance civile en démocratie. En effet, dans ce cas, la désobéissance risque d'affaiblir l'État de droit, elle constitue une infraction au principe de majorité et un refus d'utiliser d'autres moyens - légaux - d'expression et de protestation. Il s'agit donc de rechercher, au sein de la pensée gandhienne, des réponses à ces objections et des pistes de légitimation. La désobéissance civile vise à protéger la démocratie contre ses dysfonctionnements et non à l'affaiblir. En outre, sa contribution à la défense des valeurs et des institutions démocratiques est d'une efficacité incontestable.Manuel Cervera-Marzal est chercheur en science politique à l'Université Libre de Bruxelles et à l'Université Paris-Diderot. Il termine actuellement une thèse de doctorat sur la désobéissance civile. Il est l'auteur de trois ouvrages : Miguel Abensour, critique de la domination, pensée de l'émancipation (Paris, Sens et Tonka, 2013), Désobéir en démocratie (Paris, Forges de Vulcain, 2013) et La gauche et l'oubli de la question démocratique (Paris, D'ores et Déjà, 2014). Voir la suite

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