• Le tourbier
Le tourbier

Le tourbier

« Et depuis ces jours-là, toutes les routes du Ponthieu, dans le haut pays ou dans les vals, vers les villages ou les bo urgs, étaient suivies par les longs chariots bas, aux ridelles évasées, chargées à déborder de briques écrasées, par-ci, dans les ornières, émiettées, par-là, devant les portes des débits où les lourds attelages stationnaient, le temps d'un picotin ou d'une bistouille. » Un gars est épris d'une fille, mais la belle en aime un autre. L'histoire est vieille comme le monde, mais c'est Léon Duvauchel qui la raconte. L'écrivain, lui-même amoureux de la Picardie, situe son récit près d'Abbeville dans le Ponthieu humide et verdoyant. Avec Le Tourbier, l'auteur de L'Hortillonne et de La Moussière emporte le lecteur dans les flots de ses longues phrases tourbillonnantes, dans sa langue si particulière : mélange d'expressions populaires du parler picard avec le français du XIXe siècle. Sans oublier la minutieuse profusion du détail, autre marque de Duvauchel, lorsqu'il évoque de façon superbe un métier disparu : celui du tourbier cassé en deux sur son louchet, qui arrachait à la terre picarde la tourbe, cet or brun aux relents végétaux. Une femme, deux hommes, la Picardie. Léon Duvauchel marie avec bonheur peinture somptueuse des paysages, lyrisme parfois teinté de mélancolie, mais aussi de soudains traits d'humour ; il se fait poignant pour décrire le déchirement d'une séparation entre des êtres simples, que chacun pressent définitive. Et puis, la Picardie avec ses saisons, ses paysages, ses hommes et ses coutumes, elle est un personnage à part entière du roman - en fait le personnage central. La plus belle histoire d'amour du livre, celle qui finit bien, lie Duvauchel à cette région, qu'il aima au point de se trouver une ascendance picarde, jamais vérifiée. Voir la suite

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