• Les Chevaliers teutoniques
Les Chevaliers teutoniques

Les Chevaliers teutoniques

Si l'ordre religieux militaire des chevaliers Teutoniques est né, comme celui du Temple et de Saint Jean de Jérusalem, e n Terre sainte, si son action pendant les Croisades a suscité l'admiration de Saint Louis, c'est en Europe septentrionale et aux marches de l'Est qu'il a bâti sa gloire et sa légende. Détourné de la Terre sainte dès le début du XIIIe siècle, l'ordre fut appelé à combattre les tribus slaves. Frédéric II de Hohenstaufen donna à l'ordre tous les privilèges des princes d'Empire et les Teutoniques se virent investis d'une double mission : la conversion des païens des régions baltiques et leur colonisation. Dès lors, les chevaliers Teutoniques allèrent de conquête en conquête, créant des milliers de villes et de villages, multipliant les forteresses, suivis par les colons allemands venus mettre en valeur les terres nouvelles. En 1283, toute la Prusse est conquise, puis la Livonie (la Lettonie et l'Estonie actuelles) et la Courlande. La chute de Saint-Jean-d'Acre (1291) achève de rompre les liens des Teutoniques avec la Terre sainte et le grand maître s'installe dans la forteresse de Marienbourg, au sud de Dantzig, qui devient la capitale d'un véritable Empire monastique. A son apogée - au milieu du XIVe siècle - celui-ci va de la Poméranie au golfe de Finlande. L'activité temporelle de l'ordre en a fait (au prix de milliers de victimes slaves) une grande puissance politique, commerciale (grâce au port de Dantzig) et financière. Cet impérialisme dresse contre eux la Pologne et la Lituanie qui, unies sous le sceptre des Jagellon, leur infligent la fameuse défaite de Tannenberg (1410), point de départ du déclin et de l'éclatement de l'ordre. Leur dernier réduit, la Prusse orientale, leur échappe au début du XVIe siècle. La Réforme divisera l'ordre dont la branche catholique, sous l'égide de la maison d'Autriche, reviendra à sa mission hospitalière primitive. On a fait des Teutoniques, fondateurs de la Prusse, les ancêtres du militarisme prussien et les nazis ont cherché à les " récupérer ". Quitte à sacrifier l'anecdotique et l'imaginaire au profit de la rigueur historique, Henry Bogdan n'a voulu se fonder que sur des faits établis et aboutit à une réalité bien éloignée de cette caricature. Voir la suite

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  • Perrin

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