• Le crépuscule des élites
Le crépuscule des élites

Le crépuscule des élites

La vie luxueuse des milliardaires, les fortunes brassées en bourse, l'univers clos de la haute finance et de l'autorité, la richesse des amateurs d'art ou les extravagances de la jet-set, autant de mirages qui font partie d'un autre monde. Le monde fastueux de l'argent, hors d'atteinte du commun des mortels. Il se confond avec le monde des abus, des injustices et du mensonge. Le monde grisant du pouvoir. Lui aussi fermé. Distant. Intouchable. Ce monde de l'argent et du pouvoir est celui des "élites" de notre société occidentale. Sa différence se creuse avec la réalité ordinaire. Le fossé s'approfondit entre les dominants et les dominés. Les gou­vernants se sont éloignés de leurs gouvernés. En politique, leurs décisions ne reflètent plus la volonté des masses, leurs intérêts ne sont plus ceux du plus grand nombre. Pour se protéger, ils propagent une information faussée. Pour se justifier, ils imposent la pensée unique et réduisent au silence les voix discordantes. Cette profonde division inégalitaire est le thème de ce livre. Louis Dalmas l'évoque en analysant quelques grands pro­blèmes de notre temps : l'hégémonie américaine, l'Europe, le terrorisme, la violence, la conception ethnique des groupes humains, le déclin de la justice, la dépendance des médias. Sa conclusion mérite réflexion. Coupé du concret, le couvercle des "élites" se fragilise : des explosions à venir s'annoncent, qui le feront peut-être sauter. Louis DALMAS, en tant que journaliste, a interviewé de nombreux chefs d'Etats et a dirigé pendant dix ans l'agence de reportages la plus importante du monde. En tant qu'écrivain, il est l'auteur de plusieurs livres dont l'un préfacé par Jean-Paul Sartre. Extrait du livre : Lettre de Peter Handke Le 9 juin 2008 Cher Louis Je suis, mot à mot, d'accord avec ton texte, tes textes (au lieu du "viol" aujourd'hui "l'infiltration", le pire...). Mais après mille réflexions, jours et nuits, je ne trouve pas l'entrée, la porte, pour écrire une préface. J'ai réalisé que je ne suis pas, en étant l'écrivain que je suis, la bonne personne. Ta façon de t'approcher du crépuscule des "élites" est celle d'un journaliste, juste et clairvoyant, avec le langage d'un bon journaliste que tu manies avec clairvoyance, insolence (surtout, et elle fait du bien !) et précision. Mon langage, au contraire, pourrait seulement dévier de ta ligne claire. Il, mon langage, ne peut rien ajouter à ton travail (que je souhaite"immortel" - en tous cas, il peut attendre l'avenir), mon langage (qui n'est pas un langage technique, qui n'a pas des règles, qui n'est même pas mon langage) mettrait en danger l'impact du tien, le désarmerait. Je ne suis pas la bonne personne pour une préface. Je suis, au contraire, la bonne personne comme lecteur, comme observateur de tes flèches de mots qui mettent presque phrase pour phrase dans le mille. Alors je reste et je resterai toujours ton lecteur (enrichi). Et je suis honoré que tu aies pensé à moi comme "préfacier". Mais c'était une douce et aimable er­reur - tu es la flèche qui traverse avec les mots l'air sur un chemin direct, sans aucune déviation, la flèche qui crée l'air - moi, comme écrivain, je suis la déviation par nature et essence et excellence, le méandre de ma naissance qui cherche, mot après mot, une direction indirecte, une direction qui n'existe peut-être même pas. Peter Handke. Poète, romancier, essayiste, auteur de théâtre et cinéaste autrichien. Voir la suite

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