• Burqa de chair
Burqa de chair

Burqa de chair

Dès son premier roman, Putain, paru en 2001, Nelly Arcan n’a cessé de brasser dans un lyrisme flamboyant quelques thèmes obsessionnels, inséparables de sa vie : la dictature planétaire de l’image, l’impossibilité d’un rapport innocent à soi-même, le culte vertigineux de la jeunesse, et son envers : la pulsion de mort, qui anime souterrainement les sociétés modernes. Passé le temps du scandale et celui de l’émotion, voici donc les derniers échos d’une oeuvre aussi éblouissante que brève. Burqa de chair : titre terrible, qui agit avec la force d’un boomerang en regard de certains débats actuels. On trouvera assemblés ici trois longs inédits : La robe, L’enfant dans le miroir, La honte. Les deux premiers sont écrits à la première personne, dans ce phrasé tourbillonnant, suffocant, qui était sa marque singulière, celle d’un écrivain « en danger ». Dans le troisième texte, l’auteur vient de vivre une expérience humiliante sur un plateau de télévision, expérience qu’elle décortique avec une inépuisable férocité. À la fin de l’ouvrage, il a paru intéressant d’ajouter deux textes non fictionnels, plus ou moins connus : une réflexion sur le « speed dating », déjà parue dans le recueil collectif Nouvelles Mythologies, ainsi qu’une chronique publiée en 2004 par un hebdomadaire canadien, intitulée Se tuer peut nuire à la santé… Nelly Arcan, de son vrai nom Isabelle Fortier, est née au Québec, à la lisière des Etats-Unis. Le passage de sa province à la grande ville, vers 18 ans, est vécu par elle comme un choc. Tout en s’inscrivant à l’université, elle devient escort girl. En 2001, Putain se vend à 80 000 exemplaires en France. La personnalité complexe de l’auteur fascine et dérange. Ses deux romans suivants, Folle (2004) et A ciel ouvert (2007), ne feront qu’accroître le malaise et prolonger le succès. Elle se suicide à Montréal le 24 septembre 2009. Voir la suite

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