• Les fusils
Les fusils

Les fusils

1845 : le continent américain a été cartographie à l'est, à l'ouest, au sud. Les explorateurs qui espèrent découvrir le passage du Nord-Ouest ne rencontrent que la glace et la mort. Sir John Franklin tente à son tour l'aventure, avant de disparaître tragiquement avec tout son équipage. Fin du XXe siècle : le capitaine Subzéro, obsédé par la blancheur apocalyptique du Grand Nord et par le destin de Franklin, son aller ego, tente à son tour de percer le secret du monde arctique. Au même moment, William T. Vollmann, désireux d'approcher au plus près l'état d'esprit de ces hommes et ces femmes isolés dans des conditions extrêmes, s'enferme dans une station météo abandonnée au coeur de l'Arctique, au péril de sa vie. À la fois investigation historique, récit d'aventures, chronique d'un isolement volontaire, reportage sur les conditions de vie des Inuits et la destruction programmée de leur environnement, Les Fusils nous fait découvrir une nouvelle facette du surprenant écrivain qu'est William T. Vollmann. William T.Vollmann est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages - dont La Famille royale, Des putes pour Gloria - et d'un monumental essai sur la violence. Il sillonne sans cesse la planète, menant de nombreux projets artistiques sur plusieurs fronts (photos, gravures, peintures, poèmes, romans, enquêtes, fictions historiques...). Il est considéré par la critique comme l'un des plus grands écrivains de sa génération. Il a reçu en 2005 le prestigieux National Book Avard. On ne peut s'empêcher de songer à Pynchon, Ovide ou Dante. Baptiste Liger, lire Un écrivain exceptionnel, unique, loin, très loin des autres. Sandrine Mariette, Elle Extrait du livre : Mais tu n'avais toujours pas retenu ta leçon. Tu pensais savoir t'orienter. Il y avait de la neige partout à présent, une neige légère qui dévoilait la texture caillouteuse du sol comme du poil ras et parsemait la crête de l'autre côté de la rivière d'écaillés blanches. Le ciel était nuageux, bien qu'il y eût encore des taches de bleu, et un vent glacial soufflait. La température était juste au-dessous de zéro. Tu pus traverser la rivière et escalader une des crêtes, et soudain tu te retrouvas sur une plaque ronde et élevée qui s'étendait aussi loin que tu pouvais voir dans toutes les directions, et immédiatement la rivière d'où tu venais et toutes les autres rivières disparurent dans les ondulations indistinctes de cette plaine, et les nuages composèrent une autre plaque, grise au-dessus de ta tête ; mais au sud un bas monticule de gravier se détachait du tapis de gravier, tu marchas dans sa direction et au bout d'un quart d'heure tu l'atteignis. Parce qu'il ne faisait que six mètres de haut (en le voyant pour la première fois tu crus qu'il en faisait trente), tu l'escaladas, et alors soudain tu pus voir des baies d'un bleu suintant au sud et à l'est, des vallées enneigées, des traces de rivière, les falaises bleues d'un cap saupoudré de neige, et au loin des nuages violets ; et ce fut grâce à ce monticule que tu vis ces choses, mais tu étais déconcerté ; ce centre des choses n'était pas ce à quoi tu t'attendais. Rien ne clochait, mais tu étais incapable de te situer. Tout était en dessous de toi et dans la mauvaise direction. Le vent soufflait un air froid qui engourdissait, et un brouillard se mit à sourdre de la plaine et tu vis que si tu restais ici très longtemps tu serais bel et bien perdu, et alors tu pourrais mourir, aussi tu décidas de retourner à ta rivière tant que tu pouvais encore la localiser et tu descendis, dupé, effrayé... Voir la suite

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  • Babel, numéro 832

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